VIH/sida

Prophylaxie postexposition pour prévenir l’infection à VIH

Aide-mémoire - 1er décembre 2014


Principaux faits

  • Au niveau mondial, on estime que 35 millions de personnes vivent avec le VIH, dont 13 millions étaient placées sous traitement antirétroviral fin 2013.
  • L’exposition au VIH peut être accidentelle pour les personnels de santé ou en cas d’exposition hors milieu médicalisé, par exemple en raison de rapports sexuels non protégés ou de violences sexuelles.
  • Les antirétroviraux (ARV) sont utilisés pour prévenir l’infection en cas d’exposition accidentelle depuis de nombreuses années. Cette intervention est baptisée prophylaxie postexposition (PPE) et consiste en un traitement aux ARV de 28 jours.
  • La PPE devrait être proposée et administrée dès que possible à toutes les personnes ayant subi une exposition susceptible de donner lieu à la transmission du VIH et, idéalement, dans les 72 heures.
  • Débutée rapidement après l’exposition, la PPE peut réduire le risque d’infection par le VIH de plus de 80 %. L’adhésion à un traitement intégral de 28 jours par les ARV est déterminante pour l’efficacité de l’intervention.
  • Des données récentes montrent que la prise de la PPE est insuffisante : 57 % seulement des personnes qui commencent une PPE ne suivent pas l’intégralité du traitement et les taux sont même inférieurs à 40 % pour les victimes de violences sexuelles.

Pourquoi des lignes directrices sont nécessaires

Pour de nombreuses personnes accidentellement exposées au VIH, la PPE offre une occasion unique de prévenir l’infection par le VIH après exposition. Ces expositions accidentelles peuvent concerner des agents de santé qui se sont piqués avec des aiguilles ou des adultes et des enfants victimes de violences sexuelles.

L’accès rapide à une PPE reste difficile dans de nombreux milieux, en particulier lorsqu’il ne s’agit pas de personnels de santé (1). Des études récentes mettent en lumière la nécessité de simplifier les approches et d’améliorer l’utilisation de la PPE pour le VIH. Parmi les problèmes signalés figurent les occasions manquées de proposer une PPE suite à une exposition sexuelle au Royaume-Uni (3), l’absence de protocoles de PPE et l’observance limitée des recommandations en Chine(4) au Nigéria (5) et au Royaume-Uni (6), l’accès limitée à la PPE des professionnelles du sexe au Kenya (7) ainsi que chez les agents de santé en Ouganda (8), et l’ostracisme d’ordre structurel qui réduit la prise de la PPE chez les hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes aux États-Unis d’Amérique (9).

Action de l’OMS

  • En décembre 2014, l’OMS publie une mise à jour comprenant un nouvel ensemble de recommandations pour la PPE (10). Il s’agit du deuxième supplément des Lignes directrices unifiées sur l’utilisation des antirétroviraux pour le traitement et la prévention de l’infection à VIH, publiées par l’OMS en juin 2013.
  • Les nouvelles lignes directrices de l’OMS visent à simplifier la prescription de la PPE et à améliorer les taux d’adhésion au traitement et d’achèvement de celui-ci en recommandant des médicaments mieux tolérés. Les recommandations concernant la PPE sont également alignées sur les recommandations concernant le traitement antirétroviral afin de simplifier l’achat et d’améliorer l’accès.
  • Pour la première fois, les recommandations relatives à la PPE couvrent tous les types d’exposition et tous les groupes de population, y compris les adultes, les adolescents et les enfants. Traditionnellement, des lignes directrices distinctes sont élaborées par l’OMS et par les pays en fonction du type d’exposition (professionnelle ou non professionnelle) et des populations (adultes ou enfants).

Principales recommandations

  • Les schémas de PPE recommandés sont les suivants :
    • Pour les adultes : ténofovir associé soit à la lamivudine (3TC) ou à l’emtricitabine (FTC) comme médicaments principaux de choix et ce sont aussi des médicaments de choix pour le traitement du VIH. Le troisième médicament recommandé est le lopinavir potentialisé par le ritonavir (LPV/r), également recommandé par l’OMS comme médicament de choix pour le traitement du VIH.
    • Pour les enfants : zidovudine (AZT) et lamivudine (3TC) comme médicaments principaux de choix pour les enfants âgés de 10 ans ou moins, le lopinavir potentialisé par le ritonavir (LPV/r) étant recommandé comme troisième médicament de choix. Ce sont également les médicaments de choix pour le traitement du VIH chez l’enfant.
  • Recommandations pour simplifier les modes de prescription et promouvoir l’adhésion au traitement :
    • Prescription : pour améliorer la prise de la PPE et l’achèvement du traitement, l’OMS recommande de prescrire la totalité du traitement de 28 jours dès la première visite plutôt que de demander aux patients de revenir plusieurs fois pour des ordonnances.
    • Soutien à l’adhésion : pour améliorer l’adhésion au traitement et l’achèvement de celui-ci, l’OMS suggère que les programmes proposent des services de conseil renforcés.

Références

  • Anon. Guidelines on Post Exposure Prophylaxis for HIV. Recommendations for a Public Health Approach. Organisation mondiale de la Santé, Genève, 2014.
  • Patel P, Borkowf CB, Brooks JT, Lasry A, Lansky A, Mermin J. Estimating per-act HIV transmission risk: a systematic review. Aids 2014; 28(10): 1509-19.
  • Arkell P, Abouyannis M, Manavi K. Can emergency departments fulfil BASHH recommendations for 24-hour access to HIV postexposure prophylaxis following sexual exposure? International journal of STD & AIDS 2012; 23(1): 75-6.
  • Lin C, Li L, Wu Z, Wu S, Jia M. Occupational exposure to HIV among health care providers: a qualitative study in Yunnan, China. Journal of the International Association of Physicians in AIDS Care 2008; 7(1): 35-41.
  • Agaba PA, Agaba EI, Ocheke AN, Daniyam CA, Akanbi MO, Okeke EN. Awareness and knowledge of human immunodeficiency virus post exposure prophylaxis among Nigerian Family Physicians. Nigerian medical journal : journal of the Nigeria Medical Association 2012; 53(3): 155-60.
  • Rutland E, Sundaram S, Mani R. The awareness of postexposure prophylaxis for HIV infection following sexual exposure in emergency departments in a regional HIV network. International journal of STD & AIDS 2010; 21(9): 636-7.
  • Izulla P, McKinnon LR, Munyao J, et al. HIV postexposure prophylaxis in an urban population of female sex workers in Nairobi, Kenya. Journal of acquired immune deficiency syndromes 2013; 62(2): 220-5.
  • Kumakech E, Achora S, Berggren V, Bajunirwe F. Occupational exposure to HIV: a conflict situation for health workers. International nursing review 2011; 58(4): 454-62.
  • Oldenburg C, Perez-Brumer A, Hatzenbuehler M, et al. Structural Stigma Affects Access to Pre- and Post-exposure Prophylaxis and HIV Risk among Men Who Have Sex with Men (MSM) in the United States. AIDS research and human retroviruses 2014; 30 Suppl 1: A22-3.
  • Ford N, Irvine C, Shubber Z, et al. Adherence to HIV postexposure prophylaxis: a systematic review and meta-analysis. AIDS 2014.