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Pas de remède miracle, mais pas d’excuses non plus: nous savons ce qui fonctionne pour la santé des femmes et des filles

Marleen Temmerman, Directeur du Département Santé et recherche génésiques comprenant le Programme spécial PNUD/UNFPA/UNICEF/OMS/ Banque mondiale de recherche, de développement et de formation à la recherche en reproduction humaine

Commentaire
5 octobre 2015

Depuis que j’ai moi-même donné la vie, j’ai fait tout mon possible pour promouvoir la santé et les droits fondamentaux des femmes et des jeunes filles. J’ai vu de grands progrès, mais les sociétés à travers le monde continuent de faillir à leurs obligations vis-à-vis de la santé de cette catégorie de la population.

Marleen Temmerman, Director, Department of Reproductive Health and Research.
OMS

Les femmes et les filles des couches les plus pauvres et défavorisées sont les premières victimes des inégalités persistantes entre les pays et à l’intérieur de ceux-ci. Bien souvent, en raison de la discrimination, du déséquilibre des rapports de force et des insuffisances structurelles, les femmes et les filles n’ont pas accès aux services de santé salvateurs et elles subissent de graves violations de leurs droits fondamentaux.

De nombreux défis pour les femmes et les filles

Les femmes et les filles sont confrontées à de nombreux défis particuliers en matière de santé.

Trop de femmes – environ 800 chaque jour – continuent de mourir de causes évitables liées à la grossesse et à l’accouchement. Une jeune fille sur quatre est victime de violence sexuelle avant son dix huitième anniversaire.

Les cancers de la femme, en particulier ceux du sein et du col de l’utérus, sont eux aussi en hausse. Dans les régions moins développées, où nombre de filles et de femmes n’ont pas accès aux services de dépistage ou de prévention de ces maladies, le cancer du col de l’utérus est le deuxième cancer le plus courant. Ainsi, en 2012, 85% des 270 000 femmes qui sont décédées du cancer du col de l’utérus vivaient dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Par ailleurs, le suicide est, à l’échelle mondiale, la principale cause de décès chez les adolescentes et les femmes âgées de 20 à 59 ans.

La bronchopneumopathie chronique obstructive – dont le principal facteur de risque est l’exposition à la pollution de l’air intérieur causée par l’utilisation de combustibles solides pour le chauffage et la cuisine – est une cause de décès majeure chez les femmes plus âgées.

«Nous savons ce qui fonctionne. Nous savons quelles interventions changeront le cours des choses.»

Marleen Temmerman

Ce ne sont là que quelques-uns des risques de santé et issues défavorables auxquels les filles et les femmes sont confrontées tout au long de leur vie. Nous n’agissons pas suffisamment pour le bien être de cette population. Ces fardeaux sont lourds, et nous devons empêcher qu’ils pèsent sur les femmes et les filles.

La bonne nouvelle, c’est que nous pouvons le faire. Nous savons ce qui fonctionne. Nous savons quelles interventions changeront le cours des choses.

Une Stratégie mondiale pour mettre fin aux décès évitables

Cette semaine on a assisté au lancement historique de la nouvelle Stratégie mondiale pour la santé de la femme, de l’enfant et de l’adolescent, une feuille de route sur 15 ans pour mettre un terme aux décès évitables de femmes, d’enfants et d’adolescents.

Parallèlement à cet événement, un supplément spécial du BMJ, Towards a new Global Strategy for Women’s, Children’s and Adolescents’ Health, a été publié.

Les 15 articles qu’il contient, rédigés par mes collègues de l’OMS, des experts de la santé du monde entier et moi-même, mettent en exergue les mesures et les investissements majeurs qui auront le plus grand impact sur la santé des femmes, des enfants et des adolescents.

Les interventions prioritaires consistent à diffuser des informations sur la santé et à dispenser des services de contraception, à renforcer les soins de santé maternels, à lutter contre les maladies non transmissibles, et à prévenir et combattre la violence à l’égard des femmes et des filles.

Pour réduire les inégalités d’accès aux systèmes et services de santé, des interventions importantes sont également nécessaires en matière de systèmes de santé et sur le plan structurel. Il s’agit notamment d’améliorer la qualité des soins, de renforcer la responsabilisation, de promouvoir l’adoption d’innovations qui améliorent la performance, de créer un environnement juridique et politique favorable, et de réduire les inégalités entre les sexes.

Certes, il n’y a pas de remède magique. Mais il n’y a pas d’excuses non plus. Ces 20 dernières années, la mortalité de la mère et de l’enfant a fortement décliné, mais beaucoup reste à faire.

Nous devons soutenir les nouveaux objectifs mondiaux de développement durable (ODD) et la Stratégie mondiale pour la santé de la femme, de l’enfant et de l’adolescent, et mettre en œuvre les interventions qui fonctionnent. Chacun de nous peut participer à ce mouvement de transformation.