Centre des médias

Premières conclusions après le séquençage génétique du nouveau cas d'Ebola au Libéria

Évaluation de la situation
10 juillet 2015

Le 29 juin 2015, un nouveau cas de maladie à virus Ebola a été identifié au Libéria, 50 jours après l’interruption de la transmission active le 9 mai. Depuis lors, on a identifié un groupe de cas, tous localisés à Nedowein dans le comté de Margibi. Pour l’instant, la maladie à virus Ebola a été confirmée par des tests de laboratoire pour 5 personnes.

Dans le cadre des investigations sur la source de ce nouveau groupe d’infections, des échantillons ont été prélevés sur la première personne chez qui le virus Ebola a été mis en évidence et envoyés au laboratoire national de référence libérien pour procéder à un séquençage génétique. Les analyses de ces échantillons ont montré que le virus est génétiquement semblable à ceux qui avaient infecté de nombreuses personnes dans le comté de Margibi il y a plus de 6 mois, fin 2014.

Ces informations donnent des indications importantes sur l’origine probable du virus responsable de cette nouvelle flambée au Libéria. Comme il semble apparenté à un virus qui circulait auparavant au Libéria, il est improbable que cette résurgence soit due à un virus importé de régions infectées en Guinée ou en Sierra Leone. Il est également improbable qu’elle soit due à une nouvelle émergence à partir d’un réservoir naturel, comme les chauves souris ou une autre espèce animale.

Le séquençage génétique sur les échantillons provenant des 4 autres cas de cette nouvelle flambée est en cours.

149 contacts sont suivis

Actuellement, 149 personnes ont été identifiées comme étant des contacts et sont étroitement surveillées. Quatre d’entre elles ont donné des tests positifs et sont traitées pour la maladie à virus Ebola dans des centres de traitement spécialisés. Comme dans tous les autres cas, le nombre des contacts a fluctué, certains étant de véritables contacts, d’autres pas. Lorsqu’un cas suspect est confirmé comme étant négatif, les contacts de celui-ci sont retirés de la liste, raison pour laquelle leur nombre a baissé cette semaine.

Des investigations détaillées sur le plan clinique, épidémiologique et dans les laboratoires sont en cours pour déterminer l’origine de l’infection. Elles comportent le séquençage génétique qui a semblé indiquer un lien entre ce virus et de précédentes chaînes de transmission au Libéria.

Au moment du diagnostic du premier cas du nouveau groupe, le Libéria avait passé le cap de la moitié de la période de 90 jours de surveillance et de vigilance renforcées, commençant à la fin des 42 jours écoulés depuis l’enterrement de la dernière personne infectée par la maladie à virus Ebola et la déclaration de l’interruption de la transmission dans le pays. Au cours de cette période, toute personne répondant aux critères cliniques de la maladie à virus Ebola a été testée et des analyses post mortem pour rechercher le virus sont régulièrement faites. Le nouveau cas d’Ebola a été détecté grâce aux mesures de surveillance renforcée mise en place au cours de cette période.

Coopération internationale pour soutenir la riposte

Le Libéria a entrepris la planification adéquate pour se préparer et réagir à cette résurgence du virus Ebola. Le Système de gestion des incidents a immédiatement activé une équipe pour mener à bien une enquête approfondie et a commencé à rechercher les personnes qui avaient été en contact avec le jeune homme au moment où il présentait les symptômes de la maladie.

Le système des Nations Unies et les organisations non gouvernementales (ONG) soutiennent les autorités avec leur personnel déjà présent au Libéria. L’OMS a envoyé des experts supplémentaires en épidémiologie et mobilisation sociale pour s’assurer que les processus nécessaires pour interrompre la transmission soient en place et que la communauté participe pleinement à l’identification des contacts. L’OMS a du personnel dans les 15 comtés du Libéria et joue un rôle central pour soutenir les efforts des autorités visant à renforcer la surveillance dans tout le pays.

D’autres institutions des Nations Unies et des partenaires aident à maintenir les familles en quarantaine. Le Programme alimentaire mondial fournit de la nourriture, le PNUD des lampes solaires et des radios et l’UNICEF des matelas et des tentes pour donner aux familles davantage d’espace.

L’identification de la maladie à virus Ebola et l’activation rapide d’une intervention complète, plurisectorielle et interinstitutions montre que les capacités sont présentes pour identifier rapidement, rechercher et surveiller les contacts, l’un des éléments clés de la stratégie pour empêcher la transmission ultérieure de la maladie à virus Ebola.

Le gouvernement informe sa population de l’évolution de la situation et renforce les messages sur les mesures essentielles à prendre pour que les gens se protègent et protègent leurs communautés. L’OMS et ses partenaires sont totalement engagés aux côtés des autorités et des communautés pour mettre fin aussi rapidement que possible à cette résurgence du virus Ebola.