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Le Directeur général de l’OMS annonce la fin de l'urgence de santé publique de portée internationale relative à la flambée Ebola

Déclaration lors du point de presse qui a suivi la neuvième réunion du Comité d’urgence concernant le virus Ebola
Genève, Suisse

29 mars 2016

Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie de votre présence.

La neuvième réunion du Comité d’urgence concernant le virus Ebola, convoquée aujourd’hui au titre du Règlement sanitaire international, m’a informée que la situation en Afrique de l’Ouest ne constituait plus une urgence de santé publique de portée internationale.

Bien qu’une intervention soit en cours après un groupe de nouveaux cas et de décès notifiés en Guinée, cette résurgence implique actuellement une seule chaîne de transmission. Le Comité pense que les pays ont les capacités et les moyens de gérer ces résurgences.

À ce jour, près de 1000 contacts liés à cette résurgence ont été identifiés, dont 142 sont considérés comme à haut risque d’avoir été exposés.

En faisant cette évaluation, le Comité a examiné les données concernant ce nouveau groupe de cas ainsi que les interventions après de précédentes résurgences du virus Ebola faisant suite à l’interruption des chaînes de transmission de départ en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone.

À chaque fois, la riposte contre chacune des résurgences a été immédiate et elles ont été jugulées très efficacement.

Les chaînes de transmission ont été établies, des centaines de contacts ont été trouvés et suivis, et les petits groupes de cas ont été rapidement contenus.

Comme les experts l’ont relevé au cours de la réunion d’aujourd’hui, la capacité de riposte au virus Ebola en Afrique de l’Ouest est puissante. Les trois pays disposent désormais du plus grand pool d’experts au monde pour riposter à Ebola.

L’OMS s’est attendue à de nouvelles résurgences. Nous avons maintenu dans les trois pays des centaines de membres expérimentés de notre personnel, prêts à contribuer au genre d’intervention nécessaire pour interrompre rapidement les chaînes de transmission.

Nos outils sont plus affutés. Pour la première fois dans l’histoire des flambées d’Ebola, les équipes d’intervention ont accès à la vaccination comme outil puissant pour juguler le virus.

De plus, avec le nombre désormais beaucoup plus réduit de cas, les laboratoires partenaires sont capables de séquencer les virus isolés à partir des patients individuels. Ces données des séquençages appuient le travail des enquêtes épidémiologiques nécessaires pour définir avec une grande précision l’origine des chaînes de transmission.

Les données des investigations sur les résurgences récentes indiquent que la transmission sexuelle du virus peut survenir plus d’un an après guérison complète d’un homme.

Le Comité d’urgence est d’accord avec l’avis de l’OMS indiquant qu’on peut s’attendre à de nouveaux petits groupes de cas.

Le Comité a mis en balance cette probabilité avec son évaluation selon laquelle les capacités nationales et internationales de riposte sont suffisantes pour endiguer rapidement ces nouveaux groupes de cas. Nous pouvons féliciter les trois pays pour le maintien de leur vigilance et pour le fait de ne montrer aucun signe de relâchement au cours des résurgences.

Les experts ont également conclu que la probabilité de propagation internationale par les transports aériens est extrêmement faible.

J’ai accepté l’avis du Comité.

La flambée de maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest n’est plus une urgence de santé publique de portée internationale. Toutefois, un niveau élevé de vigilance et de puissants moyens de riposte doivent être maintenus pour garantir la capacité des pays à prévenir les infections à virus Ebola, pour détecter à l’avenir les résurgences et intervenir rapidement.

Ces pays continuent d’avoir besoin de tout l’appui de la communauté internationale.

Le professeur Steffen inclura dans sa déclaration certains avis spécifiques donnés par le Comité à la Guinée, au Libéria, à la Sierra Leone et à la communauté internationale.

Je remercie le Comité pour sa diligence et ses avis judicieux au cours des 20 mois écoulés depuis la première réunion.

Je me réserve la possibilité de le convoquer de nouveau à l’avenir autant que de besoin pour évaluer les progrès en matière de prévention, de détection du virus Ebola et de riposte dans cette région.

Je voudrais également rendre hommage au leadership considérable dans ces trois pays, aux efforts de leur population et au dévouement de l’action internationale qui a permis de mettre un terme à cette urgence de santé publique de portée internationale.

Merci.