Maladies transmises par les moustiques

DÉCLARATION –– 11e réunion de la commission internationale pour la certification de l'éradication de la dracunculose

30 Mars 2016 | Genève ––La Commission internationale pour la certification de l’éradication de la dracunculose (CICED) félicite les programmes nationaux d’éradication de la dracunculose, l’Organisation mondiale de la Santé, le Carter Center et les autres partenaires pour la réduction du nombre de cas humains de dracunculose (maladie du ver de Guinée), qui a atteint le niveau remarquable de 83 %. En 2015, seuls 22 cas humains ont été notifiés à l’OMS ; aucun cas n’a été importé de l’étranger en 2015, pas plus qu’au cours des quatre dernières années.

Cette chute sans précédent du nombre de cas humains (par rapport aux 126 cas notifiés en 2014) constitue un accomplissement majeur dans le domaine de la santé publique. Néanmoins, la CICED a souligné que l’objectif ambitieux d’interruption à l’échelle mondiale de la transmission humaine de Dracunculus medinensis avant la fin de l’année 2015 n’a pas été atteint. Le Secrétariat devrait commencer à élaborer et à approuver des mesures reflétant les nouvelles données épidémiologiques et tenant compte des risques afin de les diffuser à l’ensemble des États Membres de l’OMS, aux donateurs, aux universitaires et aux responsables de l’action de sensibilisation pour garantir un appui mondial durable pendant cette dernière phase du programme d’éradication.

La CICED s’inquiète du fait que, outre les cas humains, des chiens et d’autres animaux sont infectés par Dracunculus medinensis, en particulier au Tchad et en Éthiopie. La recherche appuyant l’éradication mérite donc d’être pleinement soutenue. Le Secrétariat devrait continuer à mobiliser les donateurs, le secteur de la santé publique vétérinaire et les groupes de sensibilisation à plus grande échelle afin de s’intéresser au rôle des chiens dans la phase finale de l’éradication de la dracunculose. Ce facteur n’était pas connu au moment où la feuille de route de l’OMS relative aux maladies tropicales négligées envisageait une interruption à l’échelle mondiale pour la fin de l’année 2015.

Recommandations principales de la CICED

  • Prévoir la création et la remise d’une récompense générale une année après la détection du dernier cas humain.
  • Poursuivre l’utilisation agressive d’Abate (téméphos) pour tuer l’hôte intermédiaire et limiter tout risque de transmission.
  • Garantir l’isolement rapide de tous les cas, de préférence dans les premières 24 heures.
  • Mener des recherches poussées sur tous les nouveaux cas par l’intermédiaire d’une approche de contrôle approfondi des cas afin d’obtenir toutes les informations possibles pour définir les conditions de contamination du sujet.
  • Améliorer les mesures permettant d’informer au mieux toutes les populations dans les pays d’endémie et en phase de précertification au sujet de l’existence d’une récompense en espèces.
  • Continuer d’accélérer la surveillance active dans les villages à risque et poursuivre l’intégration de la surveillance de la maladie du ver de Guinée dans d’autres programmes comme la lutte contre la poliomyélite, la distribution de masse de médicaments contre les maladies tropicales négligées ou les journées nationales de vaccination.
  • Accentuer la surveillance dans les régions frontalières à risque, notamment à la frontière entre le Tchad et la République centrafricaine (si les conditions de sécurité le permettent).
  • Lancer des recherches ciblées pour définir le rôle des chiens (en particulier au Tchad) et comprendre l’épidémiologie unique de la maladie grâce aux nouvelles technologies, notamment par le suivi GPS des chiens et par l’analyse des isotopes stables des sources de nourriture afin de vérifier si les animaux aquatiques sont une source d’infection au Tchad.
  • Pérenniser et améliorer les mesures permettant d’identifier les chiens infectés (récompense pour la notification des infections) et promouvoir le maintien en laisse des chiens afin de prévenir la contamination des masses d’eau.

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Ashok Moloo
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