Santé de la femme, du nouveau-né, de l'enfant et de l'adolescent: une dynamique qui sauve des vies

Après des décennies de stagnation, la volonté politique de réduire le nombre de décès de mères et d'enfants s'est manifestée en 2010 avec l'initiative Chaque femme, chaque enfant, lancée par les Nations Unies et dotée d'un budget de 40 milliards de dollars (US $). Des progrès spectaculaires ont résulté de l'amélioration de la collecte de données, de l'augmentation du nombre de naissance dans les établissements de santé, de l'amélioration de la nutrition et des vaccins contre la diarrhée et la pneumonie, premières causes de mortalité chez l'enfant. Dans une stratégie mondiale révisée, la priorité donnée à la santé de la mère, du nouveau-né, de l'enfant et de l'adolescent est considérée comme un point d'entrée pour développer la couverture sanitaire universelle.

WHO/Rada Akbar

Santé maternelle

En 1985 a été publiée dans The Lancet une observation cruciale qui donnait à réfléchir en attirant l'attention sur une tragédie négligée: la mortalité maternelle. «Où se trouve la mère dans Santé de la mère et de l'enfant?» demandaient les auteurs. L'article commençait par l'estimation de l'OMS d'après laquelle les complications de la grossesse, les accouchements et les avortements pratiqués dans de mauvaises conditions de sécurité étaient responsables du décès d'au moins un demi-million de femmes chaque année dans les pays en développement. Ce calcul ne prenait pas en compte le nombre beaucoup plus important d'adolescents et de femmes pauvres qui souffraient à vie des complications liées aux accouchements et aux avortements pratiqués dans de mauvaises conditions de sécurité.

Si l'article attirait tellement l'attention, c'était en partie parce que ses auteurs remettaient en question l'idée largement répandue selon laquelle la plupart des décès maternels pouvaient être évités par la détection des femmes à risque pendant les soins et le dépistage prénatal. Comme ils le faisaient observer, une proportion non négligeable de complications graves survient chez des femmes sans risque identifiable. Face à l'apparition de ces complications, soulignaient les auteurs, les interventions vitales les plus efficaces nécessitent des soins obstétricaux d'urgence dans des établissements hospitaliers employant des médecins, des sages-femmes et des infirmières hautement qualifiés. Il ne fallait pas compter sur les accoucheuses traditionnelles pour sauver ces vies.

«L'absence de volonté politique d'affronter le problème était la principale raison pour laquelle une tragédie de cette ampleur perdurait.»

Dr Chan, Directeur général de l'OMS

En d'autres termes, un programme visant à faire baisser le taux de mortalité devait améliorer l'accès aux services de santé essentiels, y compris les soins obstétricaux d'urgence et l'accouchement en établissement de santé en présence de personnel qualifié. Mettant en avant les excellents soins de santé maternelle dispensés à Cuba et en Chine, les auteurs concluaient que l'absence de volonté politique d'affronter le problème était la principale raison pour laquelle une tragédie de cette ampleur perdurait.

Dans le débat publié qui a suivi, certains auteurs posaient la question de savoir si les efforts en santé de la mère et de l'enfant devaient vraiment porter sur les mères. Il était préférable de mettre l'accent sur les femmes, et cette attention prioritaire devait concerner la santé des filles et des femmes à toutes les étapes de la vie. Bien que les fonctions reproductives des femmes les rendent vulnérables à des problèmes de santé, se préoccuper exclusivement de ces fonctions réduisait la condition de la femme à la procréation. Les besoins de santé des femmes et les contributions de celles-ci à la société étaient beaucoup plus vastes.

Toutes ces préoccupations ont finalement été incorporées dans les politiques et les stratégies officielles de l'OMS.